Six mois après son investiture, quel est le bilan de Felix Tshisekedi?

Alex Tabankia & Nicolas Willems

Après une élection présidentielle à un tour déjà considérée comme historique, le président Felix Tshisekedi, élu avec 7 millions de voix, a rapidement fixé le cap pour la RDC. Sécurité, économie, décrispation politique et diplomatie figuraient parmi ses priorités. Quasiment six mois après son investiture à la tête de la République Democratique du Congo, quel est son bilan ?

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« Le bilan est plus ou moins positif. Il a trouvé le pays dans une situation de ruine totale et dont la situation économique et sociale était chaotique. Ses premiers instants sont marqués par une croissance du PIB, aujourd’hui à 6%« , explique Louis d’Or Ngalamulume, collaborateur du président et porte-parole du parti présidentiel, l’UDPS, pour le Benelux.

A cela s’ajoute également des actions fortes comme la décrispation du paysage politique en RDC. « Il faut mentionner le retour d’emblématiques opposants comme Moise Katumbi par exemple ou Jean-Pierre Bemba qui devrait bientôt regagner le pays« , rajoute Louis d’Or Ngalamulume. « Et n’oublions pas que le président a renforcé la coopération économique mais aussi la sécurité dans la sous-région et avec les pays frontaliers grâce à une armée forte qui peut sécuriser nos frontières et notre population ». A ce niveau-là, la situation est pourtant encore loin d’être apaisée.

Grands chantiers

Les chantiers sont importants pour le président Tshisekedi. Le processus de succession au sein de son parti est toujours en cours et il doit également ménager ses relations avec son prédécesseur. Même si un Premier ministre a été nommé, le gouvernement de coalition annoncé n’est toujours pas formé.

« Il faut d’abord que le chef de l’Etat mette un gouvernement en place mais en dehors du gouvernement, il faut également une mise en place de mandataires pour les entreprises publiques », précise le collaborateur du président. « Après cela, le grand chantier qui nous attend, c’est l’amélioration du volet social pour les Congolais. L’amélioration de l’accès aux soins de santé et la purification du milieu de la fonction publique sont des priorités. Il faut savoir qu’en RDC, il y a presque un tiers d’agents fictifs et cela c’est un poids lourd pour l’État« .

La corruption est également un dossier épineux contre lequel Felix Tshisekedi a choisi de lutter. « C’est devenu un cancer dans la société congolaise« , déplore Louis d’Or Ngalamulume. « La corruption est en train de ronger notre nation et le président a choisi l’option d’éradiquer ce fléau« . Le président congolais a récemment nommé l’essentiel des membres de son cabinet mais la presse kinoise a toutefois fait remarquer qu’aucun conseiller contre la corruption n’y figure.

Ces derniers mois, Felix Tshisekedi a multiplié les déplacements à l’étranger pour se faire connaître sur la scène internationale. Pour Louis d’Or Ngalamulume, les relations entre la Belgique et la RDC connaissent une normalisation. « Les relations sont bonnes aujourd’hui. Le chef d’Etat va nommer un ambassadeur pour la RDC en Belgique ainsi qu’une nouvelle équipe pour l’ambassade […] Nous attendons aussi de la Belgique des actes concrets qui pourront démontrer que ces relations sont reparties sur de bonnes voies. »

La société civile congolaise attend désormais des actes forts. Sécurité, économie, justice… Les défis du président Tshisekedi pour les cinq années à venir sont majeurs.

 

Archives : Journal télévisé 02/03/2019

En mars dernier, Felix Tshisekedi présentait son « programme des cent jours ».

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